L'entreprenariat face aux défis des importations

Le Sénégal dispose d’un certain nombre d’avantages qui devraient permettre de changer cette tendance à commencer par des initiatives de promotion de l’auto emploi et de l’entrepreneuriat. Les PME peuvent jouer un rôle important dans l’économie nationale puisqu’elles représentent prés de 90% du tissu des entreprises, 42% du total des emplois du secteur moderne et 30 % de la valeur ajoutée des entreprises.

Elles constituent donc un levier essentiel de lutte contre la précarité, le chômage et le sous emploi et doivent permettre de relancer notre économie. La création et la diversification des entreprises sur l’étendue du territoire national sur la base des potentialités et avantages comparatifs de chaque région permettraient de booster l’économie locale. Le constat aujourd’hui est qu’elles tardent à s’imposer en raison de la faiblesse de leur productivité et de leur compétitivité.

Toutes les grandes révolutions ont eu lieu grâce au Savoir et à la Connaissance qui constituent des leviers essentiels du développement lorsque combinés à un véritable esprit d’entreprise. Les grandes puissances émergentes Brésil, Russie, Inde, Chine et l’Afrique du Sud communément appelés les BRICS ont développé et mis en place des modèles d’entreprises et d’industries adaptés à leurs besoins avec des technologies simples et éprouvées qui combinent fiabilité et compétitivité.

Ici l’objectif est de conscientiser et sensibiliser les sénégalais qu’il est bien possible d’entreprendre et de réussir au Sénégal. Aussi de montrer à la population sénégalaise les créneaux porteurs de création d’emploi et d’amorcer une dynamique de production de biens pouvant satisfaire progressivement les besoins du marché intérieur et qui sont susceptibles de booster l’économie.

Une multiplication des entreprises à forte valeur ajoutée permettrait notamment de réduire l’importation et ainsi se traduire positivement sur la balance commerciale, l’offre d’emploi devrait aussi s’en trouver renforcée.

Un secteur à fort potentiel

Faisons un parcours dans les rues de la capitale et les grandes villes au Sénégal, nous constatons un secteur qui est très prisé qui est le commerce. En y regardant de plus près, il s’agit le plus souvent de produits importés (alimentations, textiles, cosmétiques, bureautique etc.).

Cette couche de la population, commerçants, marchands ambulants, chômeurs, en quête d’activité génératrice de revenu devrait être aussi habile à exploiter toutes formes de création avec leurs ressources qui leurs sont propres, en raison de leur attention sans relâche sur les clients et leurs recherches de besoins non satisfaits.

Prenons l’exemple de la couture (textile) : selon les statistiques sénégalaises, les hommes représentent un peu moins de 50% de la population et nous assistons à une pléthore de tailleurs voir couturiers dans les grandes villes qui se partagent le marché de la confection et l’habillement. Cependant nous constatons que la lingerie de corps masculin est importée alors qu’une entreprise qui confectionne des sous vêtements et caleçons est quasi inexistante au Sénégal. Pourtant cela ne nécessite pas de gros moyens pour se lancer dans ce marché.

Si nous allons dans le secteur agro alimentaire, les transformatrices font des merveilles avec nos ressources et il en est de même dans le secteur cosmétique avec les ressources naturelles dont le Sénégal dispose. Cette valeur ajoutée existante n’est pas visible du fait de cette forte présence des produits importés.

A côté de cette minorité qui essaye de tirer leur épingle du jeu dans la transformation de nos produits naturels, il existe des zones ou ces ressources naturelles sont inexploitées ou à la limite perdues. Notamment dans les zones reculées à forte concentration d’élevage de vaches telles que Kolda, Louga, Matam où durant les périodes de forte production de lait naturel d’origine animal, nous en perdons plus de 60%.

Ce constat est le même dans le secteur de la mangue, la tomate etc. L’importation prend le dessus sur ces produits et leurs dérivés. L’offre locale doit être promue pour satisfaire une grande partie de la demande nationale de produits de consommations, jusque là dépendant de l’extérieur. Cela donnera une opportunité aux potentiels investisseurs d’exploiter ces niches.

Depuis quelques années, l’état du Sénégal a mis en place des mécanismes et politiques pour favoriser la croissance du secteur privé car conscient du rôle qu’il peut jouer dans le développement du pays. Ces établissements disposent en leur sein des greniers d’opportunités de création d’entreprises. Leur rôle est donc de générer des valeurs ajoutées aux produits locaux à travers leur transformation.

L’architecture nationale d’appui et d’orientation des PME

Si l’Etat fait de la PME une volonté politique et une priorité réelle pour le développement économique du pays, ces outils peuvent être un coup de pouce pour augmenter l’exportation. A ce titre, l’Institut de Technologie Alimentaire (ITA) qui est un établissement public œuvre dans le secteur de la Recherche-Développement en Alimentation et Nutrition.

L’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) quant à lui a pour principales missions la conception et l’exécution de programmes de recherche sur les productions végétales, forestières, animales et halieutiques en économie rurale. L’ISRA oeuvre également à la génération de connaissances et de technologies appropriées pour atteindre l’objectif de sécurité alimentaire des populations, la création d’emplois et de richesses.

Nous pouvons citer entre autres quelques structures comme l’Agence de Développement et d’Encadrement des PME (ADEPME). Celle-ci a pour mission d’assister et encadrer les petites et moyennes entreprises ainsi que les micro-entreprises qui en font la demande, de densifier le tissu des PME et de renforcer la compétitivité des entreprises. L’ADEPME est le point focal de toutes les structures d’appui des PME au Sénégal et son rôle est également d’orienter l’entrepreneur vers les institutions du dispositif d’appui selon la problématique soulevé. On peut citer notamment:

  • le Bureau de Création d’Entreprise de l’APIX (BCE) qui offre à tout entrepreneur un guichet unique d’accomplissement des formalités de création de société. Ce guichet unique met à la disposition de tout entrepreneur une équipe spécialisée pour l’accompagner dans tout le processus de l’immatriculation de l’entreprise ;
  • l’Agence Nationale d’Insertion et de Développement Agricole (ANIDA) qui pour mission de promouvoir les projets agricoles modernes basés sur la maîtrise de l’eau et pourvoyeurs d’emplois durables pour les jeunes.
  • L’Agence Nationale de l’Aquaculture (ANA) dont la mission générale est de contribuer au développement de l’aquaculture par l’encadrement rapproché des professionnels du secteur ;
  • l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) qui développe des programmes de création d’emplois pour les jeunes ;
  • et finalement l’Agence de Promotion de L’exportation (ASEPEX) qui a pour mission de mettre en œuvre la stratégie de développement des exportations. ASEPEX accompagne des exportateurs sénégalais aux foires nationales et internationales.

A coté de ces agences l’Etat a mis en place des instruments d’accès au financement des entreprises qui sont le FONGIP qui est un fond de garantie et la BNDE.

Ces structures publiques contiennent toutes en leur sein des projets et programmes d’encadrement, de développement et de financement destinées aux start-up et PME. Ces programmes sont adaptés à chaque cible d’entrepreneurs et à chaque secteur d’activités. Malheureusement une partie de la population ignore ces mécanismes ou tout simplement n’en est pas informée.

Nous vous proposons de vous rapprocher de ces agences si vous souhaitez créer une entreprise, développer un business, quitter la gestion informelle de votre activité ou encore vous développer à l’exportation.

Diabou Coulibaly Niang